Cher Serge,Je viens d'en savoir un peu plus sur un chanteur que j'aime énormément par son humilité et sa simplicité, je veux dire Wuta Mayi Blaise-Pasco. Ce monsieur vous ne pouvez que l'aimer pour les raisons évoquées ci-dessus. Tu fais un travail qu'on ne peut qu'encourager, mon cher Serge. A bientôt. Kandi Vicky Grand Merci à vous deux: Nzolani et Serge. J'ai passé un bon moment en découvrant les deux artistes. J'ai augmenté mon estime pour ces deux personnes que j'aime depuis mon enfance. A 53 ans, j'aime davantage ces musiciens talentieux. Bon travail et que Dieu vus benisse! Mupanzi Makungi Mwana Mama Guillaume Salut Serge, Je suis tres emu de ce travail que tu viens de realiser car il n'est pas facile de le faire Je t'en encourage de continuer de la meme maniere pour tous les musiciens congolais de la diaspora et ceux qui sont au pays. Que Dieu te donne encore plus dans ton entreprise. Jean B. Manzambi US Bonjour Monsieur Diantantu, Ce que vous faites et réalisez est extraordinaire. Si tous les congolais pouvaient vous témoigner la reconnaissance de votre travail ... Tout le problème est de savoir si les congolais éparpillés à travers le monde comprennent bien ce que vous faites comme travail à votre niveau. Dans tous les cas et en ce qui me concerne, votre travail me plaît beaucoup et je vous encourage à persévérer en espérant que nous tous foutus congolais nous parviendrons un jour à acquérir la maturité nécessaire pour saisir le vrai sens du travail fait par tous les gens de bonne volonté comme vous. En attendant de vous rencontrer un jour ( Ngomba na ngomba ekutanaka té kasi ... ), je vous prie de recevoir mes salutations chaleureuses. Dominique Makombo dit Mackdo Bonjour José (et ton frère), Je viens de prendre connaissance de ton récit illustré par Serge, ton frère. Fabuleux, comme toujours. Et, comme tu peux le remarquer, j'ai commencé ce message par vous citer. Car, au-delà du travail bien fait, j'aimerais juste te dire que ne t'occupe surtout pas du comportement des autres. "Peapolisés" ou pas, continue de faire ce que tu as toujours à fait avec le soucid'éclairer la Communauté et tous ceux qui veulent bien apprendre lepassé des nôtres. En plus, quand c'est bien fait, ce sont les lecteursqui se prononcent pour ce qui est bien fait. C'est d'ailleurs le cas.Un jour tu seras, toi aussi, en haut de l'affiche ! Bon courage pour le reste. Mono waku mpangiDom Pedro Salut Serge, Merci pour vos info sur les musiciens mais est-ce qu'il y a pas moyen de m'envoyer les infos sur Mukangi Déesse ? ça me fera beaucoup de bien. Magalie. Cher Compatriote bonjour..! Je vous propose quand vous auriez le temps de traiter aussi Lumumba , Kasa-Vubu et Bolikango . Félicitations pour le travail que vous faîtes et bonne continuation . Avec mes meilleures salutations Munganga
RETOURLe souci du travail bien fait Il existe des artistes qui font du bruit sur leur personne. Rares sont ceux qui ne font pas de déclarations tapageuses et sont loin de l’univers de people mais dont on parle plus par leur travail que d’eux. Parmi les artistes qui représentent bien l’Afrique à travers le monde sans être des « superstars », nous pouvons citer les amis jumeaux de la musique congolaise moderne. Rassurez-vous, ce n’est pas une erreur de notre part, car il est convenu de parler des frères jumeaux. Dans le cas de ces artistes qui fêtent chacun, à près d’une semaine d’écart, leurs soixante ans d’âge et 41 ans de carrière, nous pouvons aisément parler des « amis jumeaux ». L’un est chanteur et l’autre guitariste. Le Chanteur Wuta Mayi est né Gaspard Wuta à l’hôpital général de Léopoldville, le 03 août 1949. Mais il a grandi avec le prénom de Pascal comme Pascal Gaspard Mayanda, son grand-père maternel. Il a fait toutes ses études à Kinshasa où il a commencé à l école primaire officielle Joséphine Charlotte. Il les a poursuivies à l’école technique commerciale Saint-André de Limete. Mais il a fait son cycle d’orientation (C.O.) à l’Athénée de Ngiri-Ngiri. En 1967, pendant qu’il étudiait encore à l’école Joséphine Charlotte, il a commencé sa carrière musicale dans l’orchestre « Jamel National » dans la commune de Dendal. Il y rencontre musicalement pour la première fois son ami Emmanuel Kiala dit « Aimé Kiwakana ». L’orchestre Jamel fondé par les frères Kaninda, Fauvette et Tony, était une véritable pépinière de talents. Le saxophoniste Empompo Loway dit « Deyes » ou « Le professeur », les guitaristes Bavon Siongo dit « Bavon Marie-Marie », Makosso, Dave Makondele et les chanteurs Marcel Loko dit « Djeskain », Amba dit « Zozo », Mpoyi Kaninda dit « Djo Mpoyi » et beaucoup d’autres encore y ont fait leurs premières armes. Un ancien étudiant en Europe et membre de sa famille l’a surnommé Blaise pour faire Blaise Pascal. Et cet artiste deviendra désormais « Blaise-Pasco ». Blaise-Pasco a commencé sa carrière professionnelle en 1968 dans l’orchestre « Bamboula ». C’est dans cet orchestre créé la même année par le guitariste Antoine NEDULE dit Papa Noël qu’il accueille son ami Paul Mansiamina Mfoko dit Bopol. Bopol Mansiamina, né à Léopoldville le 26 juillet 1949, comme Blaise Pasco, ce jeune guitariste venait de commencer sa carrière professionnelle après ses études secondaires. L’orchestre Bamboula qui a fait sa sortie officielle en février 1969 dans la commune de Limete, avec la danse « Mambeta », comprenait Blaise Pasco, Aimé Kiwakana, Pirès et Tino Mwinkwa comme chanteurs, Jeff Lunama au saxophone, Mangenza à la batterie, Bopol Mansiamina à la guitare rythmique et, évidemment, Papa Noël à la guitare lead. En 1969 toujours, l’orchestre Bamboula a été désigné pour aller représenter la République démocratique du Congo au premier festival panafricain de la culture à Alger. Dès le début de leurs carrières professionnelles, les deux amis ont aussitôt commencé à représenter dignement la musique congolaise en dehors des frontières nationales. Nous sommes d’ailleurs en pleine période de commémoration des 40 ans de cet événement continental immortalisé par une merveilleuse chanson de l’orchestre Bantous de la capitale qui représentait le Congo Brazzaville. C’est dans la capitale algérienne que Pascal Wuta dit « Baise Pasco » et Paul Mansiamina dit Bopol, ont fêté leur vingtième anniversaire. Ils ont voyagé quasiment dans tous les pays d’Afrique. 60 ans chacun cet été et continuent jusqu’à ces jours à faire des tournées à travers le monde. Fin 1969 et début 1970, Bopol Mansiamina et Pascal Wuta se retrouvent dans l’orchestre « Rock-a-Mambo » de José Philippe Lando dit « Rossignol ». Cet orchestre n’a rien à avoir avec celui de 1957. Lorsque les musiciens originaires de Brazzaville ont quitté Kinshasa pour monter l’orchestre Bantous, Rossignol a repris l’appellation « Rock-a-Mambo » à son compte. L’orchestre « Rock-a-Mambo » dirigé par Rossignol comprenait, en 1970, Wuta dit « Blaise Pasco, Tino Mwinkwa, Came Camille, Thamar et Rossignol lui-même comme chanteurs, Bopol, Dave Makondele, Mageda, Eddy Mabungu à la guitare, Franck Kodia à la basse, Zoé Matondo à la percussion, Gérard Kongi, Baramy, Jean Trompette et Mangenza au saxophone et à la trompette. C’est dans cet orchestre que Gérard Kongi a composé sa célèbre chanson « Eugénie ». Et Blaise Pasco signe « Mwana mawa », la première d’une grande série de cet auteur qui va se révéler au fil des années comme l’un des plus féconds et des plus didactiques de sa génération. En 1970, Blaise Pasco, Bopol et les autres quittent le Rock-a-Mambo pour former l’orchestre « Rock-a-Festival ». Mais malheureusement, cette formation musicale ne se produira en public faute d’équipements. A la fin de l’année 1970, Bopol Mansiamina entre dans l’orchestre African Fiesta Sukisa du Docteur Nico Kassanda. Bien qu'il soit musicien dans l’orchestre African Fiesta Sukisa du Docteur Nico, Bopol et ses amis de l’orchestre Rock-a- festival continuaient à garder espoir qu’un mécène leur procure des équipements pouvant leur permettre de travailler. Comme dans un conte de fée, le mécène finira par arriver. C’est l’épouse de François Ngombe Boseko dit Maître Taureau, un ancien artiste musicien. Maître Taureau jouait avec Wendo dans « Victoria-Kin » avant de former son propre groupe « Vastoria ». Il était connu à l’époque comme l’un des plus grands danseurs congolais. Maître Taureau est aussi l’organisateur officiel des élections de Miss Congo. Propriétaire d’un bar-dancing à Yolo, un quartier de la commune de Kalamu dans la ville de Kinshasa. Maître Taureau, appelé aussi maître Ngombe, depuis 1971, s’occupait aussi du Ballet « Sambole-Lisano » et des éditions « Muzikana ». Son épouse, une femme d’affaires, était à l’école avec Madame Marie-Antoinette Mobutu, l’épouse du Président de la République de l’époque. Françoise Eboma, la fille de Maître Ngombe, avait eu une liaison amoureuse avec le guitariste Bopol avec qui elle aura deux filles. Et la nièce de madame Ngombe, Zozo, était avec le chanteur Tino Mwinkwa. Comme les pères des enfants de sa fille et de sa nièce étaient des artistes musiciens qui avaient besoin d’équipements, Madame Ngombe avait réussi à leur obtenir tout ce qu’il fallait pour créer un orchestre. C’est ainsi qu’est né l’orchestre Continental. Ils ont obtenu plus que ce qu’ils espéraient notamment un autocar que conduisait de temps en temps Engenge, un des musiciens. Madame Mobutu a aussi acheté des équipements complets de musique pour l’orchestre Continental. Pascal Wuta, Tino Mwinkwa et Bopol pouvaient désormais exprimer leurs talents de manière autonome. Bopol avait fait venir dans le nouvel orchestre Joseph Kiambukuta dit « Josky », un chanteur talentueux qu’il avait rencontré dans l’African Fiesta Sukisa. L’orchestre Continental était composé de Pascal Wuta dit « Blaise Pasco », Tino Mwinkwa, Joseph Kiambukuta dit « Josky », Thamar, Cam Camille comme chanteurs, Nkakonde dit « Serpent » à la guitare lead, Paul Mansiamina dit « Bopol » à la guitare rythmique, Eddy Mabungu à la mi-solo, William Kabamba à la basse, « Chandale » et Engenge à la trompette, « Adelar » et Paul Mayitesso dit « Porkito », au saxophone Ringo Kiadinga à la batterie et Makirimba à la percussion. Les moments difficiles passés avant la création de l’orchestre Continental ont inspiré des chansons à Blaise Pasco et à Bopol. L’un a dédié une chanson à son épouse Mayimona et l’autre à Eboma, la mère de ses filles Nicole et Tina. Aux personnes qui épiaient les courses de sa femme au retour du marché pour savoir ce que pouvait acheter une femme de musicien, Blaise Pasco écrit la chanson «Nga, Mayi Baboya » (Traduction) Bandeko likambo nakokamwa ya solo Ce qui me surprend vraiment, mes frères, Tika bayembaka atako na banzembo. Acceptons qu’on en parle à travers des chansons. Likambo na nga Mayi, mwana, baboya, Mon problème à moi, pauvre Mayi, Baninga tovandi na bango bakoyinaka nga. Mes camarades me haïssent en réalité. Bokotela nga ata na likambo oyo Soutenez-moi dans cette affaire. Bambokela ekotobola nga matoyi La médisance m’abîme l’ouïe. Tika nabenda nzoto o Comprenez que je prenne mes réserves Mpona bango. A cause d’elles. Nakende na zando, Lorsque je vais faire des courses, Batindi i baleki, Elles envoient des jeunes Batalaka ngai soki nasombi nini. Epier ce que j’achète. Kotokowela nini ngai na bango. De quoi je me bats contre elles. Hélé, bakolukaka nga baninga Hélé, toute ces histoires contre moi, Ezali se zuwa ekotindaka bango. Ne sont que par pure jalousie. Ngai na bango o bombanda te, Je ne suis pas en rivalité avec elles. Kasi tina nini bakolandaka mouvement na nga. Mais pourquoi surveillent-elles ainsi mes mouvements. Zozo ngai mwan’a bato Zozo, moi être humain Bakoboma ngai pamba. Elles vont me tuer pour rien. Tina ya likambo na koyeba te e J’ignore leurs motivations. Naboya komisabwisa mpo namesana te koloba, Ce n’est pas dans mes habitudes de me Ridiculiser dans des disputes. Noki nazua liboma. Au risque de perdre la raison. Ebo, nalaki bino la vérité na nga. Ebo, je vous ai dit la vérité. Nayebi Wuta ye ko tembe eleka. Je suis consciente que Wuta est très sceptique. Balukaka ye na bolingo o Elles l’ont cherché en amour, Yango bazua maladi ya kotumbola nga, Mayi. Raison pour laquelle elles ont eu cette Manie de me chercher des histoires. Bakoluka a bakabola biso Elles cherchent notre rupture. Nga na mobali oyo Entre cet homme et moi, Tosili tolingana. Nous nous aimons. Ebandeli na nga na Wuta mama, Le début de ma liaison avec Wuta, maman, Moto ayebi te. Nul ne le sait. Hélé, bakolukaka nga baninga Hélé, toutes ces histoires contre moi, Ezali se zuwa ekotindaka bango. Ne sont que par pure jalousie. Ngai na bango o bombanda te, Je ne suis pas en rivalité avec elles. Kasi tina nini bakolandaka mouvement na nga. Mais pourquoi surveillent-elles ainsi mes mouvements. Au début de sa liaison amoureuse avec Françoise Eboma, Bopol a eu des difficultés avec les parents de cette dernière. Cette histoire lui a inspiré la chanson « Eboma, mama na Nicole ». (Traduction) Aimée moke, nalingi oyeba Ma petite Aimée, je veux que tu saches Que Nicole oyo nazua na mpasi. Que j’ai difficilement eu Nicole. Nakokaka te te komona Je n’aime pas avoir Soucis na motema. De soucis dans mon cœur. Ngai nalembi. J’en ai marre. Yoka balobi totikana Ils veulent que l’on se quitte semble-t-il dire. Mpo mosala nasalaka baninga bayina. Car certaines personnes n’apprécient pas mon métier. Aimée, tala naïno na sima, Aimée, sois consciente, Mwan’oyo toboti, nani akobokola? Qui va s’occuper de notre bébé ? Nayebi nyonso, Je le sais bien, Lipopo étonda maloba. Lipopo est plein des histoires. Mama tobokolo mwana, Maman (chérie), élevons notre enfant, Souvenir oyo ya bolingo, Le souvenir de notre amour Mpe tobatela. Nous devons nous en occuper. Yoka balobi totikana Ils veulent que l’on se quitte semble-t-il dire. Mpo mosala nasalaka baninga bayina. Car certaines personnes n’apprécient pas mon métier. Aimée, tala naïno na sima, Aimée, sois consciente, Mwan’oyo toboti, nani akobokola? Qui va s’occuper de notre bébé ? Nayebi nyonso, Je le sais bien, Lipopo étonda maloba. Lipopo est plein d’histoires. Mama tobokolo mwana, Maman (chérie), élevons notre enfant, Souvenir oyo ya bolingo, Le souvenir de notre amour Mpe tobatela. Nous devons nous en occuper Françi, nga moto pamba, Françi, moi homme vil, Lelo tosuki wapi. Que sommes-nous devenus aujourd’hui. Mwana mama oyeba. Tu dois savoir chère amie Mosala oyo Nzakomba aponela nga, Que mon métier est celui de ma vie, Chouchou, nakotika te. Je ne peux l’abandonner chouchou. Bisengo bia mokil bikosila te, Les plaisirs dans la vie sont intarissables, Eboma, mama na Nicole. Eboma, la maman de Nicole. Françi, nga moto pamba, Françi, moi homme vil, Lelo tosuki wapi. Que sommes-nous devenus aujourd’hui. Mwana mama oyeba. Tu dois savoir chère amie Mosala oyo Nzakomba aponela nga, Que mon métier est celui de ma vie, Chouchou, nakotika te. Je ne peux l’abandonner chouchou. A l’époque où ils cherchaient à se procurer des équipements, certains musiciens qui étaient avec eux dans le « Rock-a- festival, comme Dave et Mageda, sont allés dans l’orchestre « Les Grands Maquisards » » de Daniel Ntesa Nzitani dit « Dalienst ». Comme « les Grands Maquisards » jouaient un style proche de celui de l ‘African Fiesta National , l’orchestre « Continental » a adopté le « Soum Djoum » de l’Afrisa International. Bien entendu « les Mousquetaires de la musique congolaise», nom donné aux patrons de grandes formations musicales du pays, ne voyaient pas d’un bon oeil que ces orchestres de jeunes ne jouent dans la cour des grands grâce à leurs succès auprès du public. Ils ont subtilement accéléré la disparition de ces orchestres. Franco, qui était aussi le parrain de l’orchestre « Continental », s’empara du chanteur Josky et Bopol ira dans l’African International du Seigneur Tabu ley en 1973. Dans l’Afrisa International, Bopol va jouer la guitare rythmique à côté de Michelino, l’un de ses inspirateurs. En 1967, pendant que Rochereau, Guvano, Faugus et Joseph Mwena se faisaient accompagner par des Belgicains, Roger Izeïdi a regroupé quelques musiciens, dont Michelino, pour faire des enregistrements pirates dans la maison « Ecodis ». Michelino a joué la guitare solo dans certaines chansons et la guitare d’accompagnement dans d’autres. Parmi les autres musiciens qui ont participé à ces enregistrements, nous pouvons citer le soliste Yossa dit Jossart et l’accompagnateur Paul Mansiamina dit Bopol. Mais malheureusement ces chansons, comme « Amour commercial » de Michelino, sont demeurées inédites jusqu’à ce jour. A l’époque où Bopol Mansiamina faisait ses débuts dans l’orchestre de Tabu Ley, Michelino ne jouait plus la guitare rythmique mais le lead. Avec L’Afrisa International, Bopol va faire une tournée en Afrique de l’Est, notamment au Kenya et en Ouganda. C’est l’époque des chansons comme « Mak’fe » de Mavatiku Visi dit Michelino et « Mimi Ley » du Seigneur Tabu Ley. Quelques années plus tard, Bopol va jouer la guitare rythmique à côté de Dizzy Mandjeku, le « Pierrot Dizzy » des orchestres « Festival des Maquisards » et des « Grands Maquisards » qui venait de remplacer Michelino parti rejoindre le Grand Maître Franco Luambo Makiadi dans le « Tout Puissant Ok-Jazz. Luambo Makiadi dit Franco avait toujours souhaité avoir Josky Kiambukuta et Blaise Pasco dans son orchestre « le T. P Ok-Jazz ». Pour réaliser son rêve, il envoie Josky Kiambukuta chercher Blaise Pasco, que l’on appelle maintenant Wuta Mayi, « Authenticité » oblige. A cause de la politique de recours à l’Authenticité imposée par le Président Mobutu, Pascal Wuta est devenu Wuta Mayanda Yundula dit Wuta Mayi, Josky Kiambukuta devient Kiambukuta Londa. Wuta Mayi, après quelques hésitations, accepte de faire partie de l’orchestre « Tout Puissant Ok-Jazz » en juin 1974. Il n’était pas heureux d’abandonner son ami Tino Mwinkwa et a beaucoup insisté auprès de Luambo Makiadi pour qu’il vienne avec eux. Mais le grand Maître Luambo ne voulait que Kiambukuta et Wuta. Tino Mwinkwa ira finalement chez l’autre « mousquetaire » dans l’orchestre « Vévé ». Les Mousquetaires ont enfin, réussi à décapiter l’orchestre « Continental ». A ce sujet le journaliste Ntondo-a-Ngoma-Nene écrivait dans « Elima », journal de Kinshasa: « Comme on le sait, le tout a commencé avec la défection des éléments tels que Kiambukuta, Mansiamina, Wuta Mayi et Mwinkwa. C’est avec le départ de ces éléments cités que les mélomanes ont pu remarquer les signes avant-coureurs de la triste situation que connaît l’orchestre de Yolo actuellement... En fin de compte, Maître Ngombe qui ne tolère pas l’indiscipline devait piquer une colère terrible jusqu’à confisquer l’équipement de musique que l’orchestre utilisait... » En 1976, une autre pointure de camp « Fiesta » fait son entrée dans le « T.P Ok-Jazz ». C’est Ntesa Nzitani dit « Ya Ntesa ». C’est Dalienst, le collègue « Maquisard » de Sam Mangwana de 1968 à 1969 et de Michelino jusqu’en 1970. Dans le « Tout Puissant Ok-Jazz », Ya Ntesa va rencontrer aussi Ndombe Opetum, Kiambukuta et surtout retrouver Wuta Mayi. Ya Ntesa a collaboré quelques temps avec le groupe « Ya Toupas » en compagnie de Rey Lema, Bopol Mansiamina, Wuta Mayi, Manuaku waku etc... C’est là qu’il a composé la chanson « Muana ya commerçant ». Daniel Ntesa Nzitani dit Ya Ntesa ou Dalenst appréciait Wuta Mayi depuis qu’il était dans l’orchestre Rock-a-mambo. Dalienst autrement dit Ya Ntesa savait qu’il chantait le même style de musique, le rythme « latino américain », en ouverture des bals. L’un chantait dans les « Grands Maquisards » et l’autre dans l’orchestre « Continental ». Désormais, ils allaient interpréter ensemble de la « Salsa » dans le « Tout-Puissant Ok-Jazz ». Souvenons-nous, lorsque les musiciens de «Rock-a-Festival » attendaient l’acquisition d’hypothétiques instruments, certains musiciens sont allés dans «les Grands Maquisards » de Dalienst. Makondele Dave a remplacé un peu plus tard Michelino et Mageda était l’autre soliste à côté de Dizzy Mandjeku dit Pierrot. Les autres musiciens de « Rock-a-Festival » allaient constituer l’ossature de l’orchestre « Continental » avec Bopol, Tino Mwinkwa, Wuta Pascal et Josky Kiambukuta. Dans l’attaque chant (section vocale) du Tout Puissant Ok-Jazz, on voyait souvent aligner des chanteurs venus de l'école Fiesta. L’amitié entre Ya Ntesa et Wuta Mayi se faisait paticulièrement sentir dans la chanson « Ayant-droit » de Wuta Mayi. C’est à cette époque que Franco avait imposé, pour des chansons en préparation, des titres ayant rapport avec les termes utilisés dans le droit de propriété. La chanson de Wuta Mayi dédiée à son amie Cécile Diya Odimba devient « Ayant Droit ». Celle de Kiambukuta devient « Propriétaire », de Ndombe Opetum « Héritier » et lui-même compose « Locataire ». Wuta Mayi et son ami de Kiala Emmanuel dit Aimé Kiwakana se retrouvent dans le «Tout Puissant Ok-Jazz ». Ces deux chanteurs ont évolué ensemble à leur début dans l’orchestre « Jamel National ». Il n’y avait pas que des chanteurs de la Rumba « Fiesta » représenté par Tabu Ley Rochereau qui ont rejoint le Tout Puissant Ok-Jazz, beaucoup de grands guitaristes aussi comme Michelino, Antoine Nedule dit « Papa Noël » et « Pierre Mandjeku Lengo dit « Dizzy ». Luambo Makiadi, pour mieux combattre Tabu Ley, encourageait des éléments du camp de celui-ci à venir le rejoindre. Il n’arrêtait pas de dire à Josky, Wuta Mayi, Ndombe et les autres: « Je sais pourquoi je vous ai recrutés pour être à mes côtés ». Le Grand Maître Luambo Makiadi dit Franco connaissait aussi le talent de Wuta Mayi. Une dame qui venait de créer une maison consacrée à la mode est venue voir un jour Franco. Elle voulait que Franco fasse une chanson sur elle. « Moi je ne fais plus de vraies chansons », lui répond Franco. « Je ne fais que des chansons de fous. Je vais te proposer trois noms. C’est à toi de choisir. Si tu veux une chanson qui va permettre à ce que ton nom devienne célèbre (lancement), va voir Josky Kiambukuta. Si tu veux une chanson élaborée avec une réflexion autour, va voir Wuta Mayi. Et, enfin, si tu veux pousser plus loin dans la réflexion, va voir Simaro Lutumba… ». Après avoir réfléchi, cette dame opta pour Wuta Mayi et prit rendez-vous avec lui. C’est Wuta Mayi qui est allé à sa rencontre. Elle raconta sa vie au chanteur. Comme cette dame avait partagé sa vie avec un officier de l’armée, Wuta lui a clairement dit que, techniquement, la chanson est faisable mais ne souhaite pas la faire pour sa sécurité. « Vous n’avez rien à craindre, lui rassure la dame. Franco, votre patron, ne vous laissera pas tomber ». « Franco ne va pas me laisser tomber, certes, lui répond le chanteur. Mais il n’habite pas avec ma famille et moi-même. Lorsqu’il interviendrait, il serait trop tard. Le mal serait déjà fait… ». Mais Wuta Mayi n’abandonna pas cette idée. Une fois installé en Europe, Wuta écrivit cette chanson. Mais malheureusement, elle fut interdite des ondes. Au début des années quatre-vingts, les Congolais vont commencer à s’installer en masse en Europe Occidentale. Les artistes congolais commencent aussi à s’y installer. Beaucoup d’entre eux vivent de petits boulots en marge de la musique. Rares sont ceux qui vivent exclusivement de leur art. Un premier groupe va voir le jour à Paris en octobre 1982 sur l’initiative de David Ouattara, un producteur d’origine Ivoirienne. Il réunit Syran Mbenza, Bopol Mansiamina, Wuta Mayi et Nyboma pour leur proposer l’idée de créer les « 4 étoiles ». Ces deux guitaristes et deux chanteurs ont sorti leur premier album à la fin du mois de décembre de la même année. Ses quatre grandes pointures de la musique congolaise moderne, bien que libres de gérer leur carrière respective indépendamment du groupe, se sont néanmoins convenu dès le départ de donner chacun au moins une chanson par an pour la réalisation des albums au profit des Quatre Etoiles. Leur deuxième album sortira une année plus tard. Mais Les Quatre étoiles ne resteront pas toujours avec le même producteur. Ils vont être pris en charge par Syllart Production d’Ibrahim Sylla. Les Quatre Etoiles, groupe qui s’est constitué au départ pour faire des enregistrements sera amené sous la pression de leur public à se produire sur scène. Accompagnés d’ autres musiciens, ils ont joué dans un chapiteau de la Porte de la Villette, au Phil’one, la Chapelle des Lombards… Ils ont réussi à obtenir des contrats non seulement pour la France mais aussi pour l’Angleterre, les Etats-Unis d’Amérique, la Suisse, le Cameroun, le Burkina Faso ou Kenya. Les Quatre Etoiles ont aussi joué en Martinique, Guyane et Colombie. Les Quatre Etoiles sont aussi invités dans des différents festivals à travers le monde comme en 1994 au XIIIème festival de la musique caraïbe. Parmi les musiciens qui les accompagnent régulièrement, nous pouvons citer le batteur Komba Bellow, le bassiste Yamba Mingiedi et les frères Cohen. Bien que les décisions les concernant se prennent collégialement, ils ont confié l’administration du groupe au guitariste Syran Mbenza. La route de Syran avait croisé celle du chanteur Sam Mangwana en 1978. Il devient ainsi membre du groupe « African All Stars », à côté notamment de Nyboma, Bopol Mansiamina, Lokassa ya Mbongo, Dizzy Mandjeku, Théo Blaise Nkounkou, Ringo Moya et Portos. La route de Syran avait croisé celle du chanteur Sam Mangwana en 1978. Il devient ainsi membre du groupe « African All Stars », à côté notamment de Nyboma, Bopol Mansiamina, Lokassa ya Mbongo, Dizzy Mandjeku, Théo Blaise Nkounkou, Ringo Moya et Portos. Wuta Mayi et Bopol Mansiamina ont activement participé en 1995 à la réalisation de l’album « Frappe aérienne » de l’orchestre « Afri-Jazz » du Maître Tchington, à côté notamment de Michelino, Daniel Ntesa dit Dalienst Pompon Kuleta, Serge Lemvo, Youlou Mabiala, Michel Sax, Shaba Kahamba, Armando et Monglisha. Pendant une séance d’enregistrement, pour permettre au technicien de régler les micros, nous avions eu l’agréable surprise d’écouter Wuta Mayi, Pompon Kuleta et Ya Ntesa chanter à capella « Mobali Bolole », une chanson de Wuta Mayi. Quelle chorale ! On avait presque envie de leur dire d’enregistrer cette chanson telle quelle, sans accompagnement musical. Wuta Mayi et Bopol Mansiamina ont activement participé en 1995 à la réalisation de l’album « Frappe aérienne » de l’orchestre « Afri-Jazz » du Maître Tchington, à côté notamment de Michelino, Daniel Ntesa dit Dalienst Pompon Kuleta, Serge Lemvo, Youlou Mabiala, Michel Sax, Shaba Kahamba, Armando et Monglisha. Pendant une séance d’enregistrement, pour permettre au technicien de régler les micros, nous avions eu l’agréable surprise d’écouter Wuta Mayi, Pompon Kuleta et Ya Ntesa chanter à capella « Mobali Bolole », une chanson de Wuta Mayi. Quelle chorale ! On avait presque envie de leur dire d’enregistrer cette chanson telle quelle, sans accompagnement musical. Modeste qu’il est, Wuta Mayi ne cherche pas à se mettre en avant. C’est le chanteur Gérard Madiata qui le premier avant Ya Ntesa à l’y avoir encouragé. Madiata avait un problème de musiciens. Mais il devait absolument agrémenter la soirée dans sa boîte, « Bisengo ». Il est venu voir Franco pour qu’il lui prête des chanteurs. Ce dernier lui propose Michel Boyibanda, Wuta Mayi et Checkain Lola. Boyibanda tardait à venir. Wuta Mayi l’attendait pour monter sur scène. Madiata est venu le voir et lui dit : « Wuta, batalents na yo obombelak’ango nani… ? » (Wuta, pour qui sont destinés tes talents… ?). Encouragé, Wuta se met devant le micro. Dès qu’il s’est mis à chanter avec Checkain, la piste est envahie de monde. Lorsque Michel Boyibanda est venu, la salle était déjà en ébullition. Dans le « Tout-Puissant Ok-Jazz, Ya Ntesa ne cessait de l’encourager à faire des solos vocaux dans ses propres chansons. C’est ainsi que Wuta Mayi a remarquablement fait des solos dans sa chanson « Ayant droit », Ya Ntesa et les autres chanteurs le chœur. Aujourd’hui, Wuta fait des solos dans « Les 4 étoiles » et dans le groupe « Kékélé » à travers le monde. Wuta a toujours privilégié le travail de groupe à une carrière solo. Ainsi, en 1997, lorsque son ami Dias Nsona, un non musicien lui a proposé de mettre des équipements de musique à sa disposition pour monter un orchestre, Wuta a souhaité mettre en place un groupe. Pour concrétiser cette idée, une réunion s’est tenue à Villetaneuse le 08 octobre 1997 dans un de ses appartements. Participaient à cette réunion Nado Kakoma, le batteur, Bopol Mansiamina, le guitariste, Serge Lemvo, le chanteur et bien-entendu Wuta Mayi, il était question de monter des bases d’un nouvel orchestre. Cet orchestre dénommé « Odemba » rappelait étrangement le défunt « Afri-Jazz ». Outre les musiciens précités, « Odemba » dirigé par Wuta Mayi comprenait aussi Monglisha Terminator, le chanteur, Ricos Kinzunga à la guitare lead et Boss Matuta à la basse. La chanteuse Déesse Mukangi les a rejoint par la suite. Un peu plus tard, le chanteur Nyboma venait assister à quelques séances de répétitions. Faute de moyens de son fondateur, l’orchestre « Odemba » ne fera jamais de sortie et n’enregistrera jamais de chansons. Dans l’histoire de la musique congolaise moderne, beaucoup d’orchestres ont eu des existences semblables à celles de l’Afri-Jazz et de l’Odemba de Paris. En l’an 2001, Wuta Mayi réalise à Paris avec ses compatriotes Nyboma, Djeskain Loko Massengo, Samy Bumba Massa, Papa Noël Nedule et Jean-Papy Ramazani un album de la rumba Congolaise entièrement joué avec des guitares acoustiques. Ils dénomment leur groupe d’enregistrements « Kékélé » (les lianes dont on se sert dans des villages d’Afrique pour faire des liens). Compte tenu du succès de l’album, le public réclame le groupe sur scène. Ils ont livré leur première prestation publique à Londres en octobre. Depuis sa création, le groupe « Kékélé » a déjà joué au Canada et dans plusieurs Etats que comptent les Etats-Unis d’Amérique. Wuta Mayi et le groupe Kékélé ont quasiment joué dans tous les pays de l’Europe occidentale de Paris à la Grande-Bretagne en passant par l’Espagne et à Helsinki en Scandinavie. Kékélé a aussi fait une tournée de l’autre côté de l’ancien « Rideau de fer » jusqu’aux pays baltes. En dehors du continent européen, Kékélé s’est fait apprécié aux Antilles, Guadeloupe et Sainte Lucie. En 2009, on pouvait écouter l’album « Kinavana » au bord des avions d’une grande compagnie aérienne française. Auteur, Compositeur, Chanteur et Interprète, Wuta Mayi est l'une des plus grandes figures de la rumba Africaine. Contrairement à beaucoup de ses collègues, le star-system, n’est pas sa préoccupation. La musique c’est sa profession. Pour lui, faire de la musique, c’est comme aller au bureau ou à l’usine. Une fois chez lui, c’est le père de famille qui est là. En dehors de son cadre professionnel, c’est Blaise. Il en est de même pour Bopol. Dans la vie de tous les jours, c’est Paul. 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